Section de Paris 19 è arrondissement

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Intervention de Tatiana Poudiot en réponse au voeu de l'UMP sur le travail du Dimanche

Votre vœu semble effacer le travail très minutieux accompli par des élus parisiens, de gauche comme de droite, dans le cadre de la Mission d’information et d’évaluation sur le travail dominical et nocturne le dimanche à Paris. Travail rendu il y a quelques semaines dont tous les groupes parisiens, le vôtre compris, ont reconnu le sérieux et sa pertinence.

Cette mission apres avoir interrogé 132 personnes et 80 organismes, a mis en lumière des évidences :

Le dimanche est un jour où beaucoup de monde travaille, notamment pour assurer aux parisiennes et parisiens un service publique de qualité : propreté, sécurité, loisirs, santé, etc.

Autre évidence, la libéralisation du travail du dimanche ne garantit pas la création d’emploi, ou l’augmentation du chiffre d’affaire des commerces. Elle fait d’ailleurs courir des risques au commerce de proximité. Ses représentants se sont prononcés majoritairement pour le statu quo en matière d’ouvertures dominicales, par crainte de distorsions de concurrence entre grandes et petites entreprises.

C’est principalement pour les grands magasins que les zones touristiques internationales à Paris ont été pensées, mais les conséquences sociales seront désastreuses pour les employés de ces mêmes magasins. Plus de 70% d’entre eux sont des femmes, dont la moitié seules avec enfants. Libéraliser l’ouverture dominicale, c’est rendre encore plus difficile la conciliation entre leur vie professionnelle et leur vie familiale et sociale. De manière plus globale, pour tous les employés du commerce, c’est une privation des moments de vie familiale, de participation à des activités associatives ou de loisirs de groupe, sportives, culturelles. C’est dégrader les conditions de travail et de vie, dans un secteur déjà marqué par des horaires contraignants, le travail du samedi, les faibles salaires. C’est imposer un recul des activités et des valeurs collectives. C’est précariser quand aucune contrepartie minimale n’est prévue, qu’il s’agisse de majoration de salaire ou de repos.

Revenons à la conception de la liberté qui est celle de l’opposition municipale à travers ce vœu, et également à travers ses préconisations dans le cadre de la MIE. La liberté qu’elle défend est la liberté des grands magasins d’ouvrir le dimanche, et la liberté pour les touristes de consommer. Il s’agit de libérer le shopping le dimanche! C’est la liberté, le dimanche, de gagner et de dépenser de l’argent, c’est la liberté de la libre concurrence, c’est la liberté de faire de Paris un supermarché de luxe. C’est la liberté de rendre les salariés corvéables à merci, exploitables du lundi matin au dimanche soir...C’est le libéralisme !

Nous, communistes, qui sommes davantage animés par un idéal de progrès social et non de progrès des profits au détriment de l’humain, nous préférons employer le terme de liberté pour évoquer le temps libre pour les salariés. Le dimanche est un temps commun de liberté, un temps de repos collectif, un temps familial et social dont on priverait nombre d’employés du secteur du commerce.

Avec le projet de loi Macron, la démocratie parisienne est heurtée, quand la volonté gouvernementale est de ne pas laisser le choix des zones touristiques internationales aux élus locaux, et de les imposer par décret ministériel. En effet, Bercy ne souhaite pas donner trop de pouvoir à la Maire de Paris, car cela ferait peser une menace trop importante sur l’effectivité de la réforme. Mais la loi Macron n’est encore qu’un projet et le processus parlementaire n’est pas terminé. Il convient de le respecter, en démocratie. La loi sera étudiée au Sénat en avril, avant de repasser devant l’Assemblé Nationale. En principe, tout n’est pas encore joué sur la libéralisation de l’ouverture dominicale des commerces. Les parlementaires progressistes seront présents pour dénoncer cette loi, d’une même voie avec des forces politiques, syndicales, associatives qui agiront dans la rue. La proposition de référendum est donc pour l’instant hors sujet. Et si la loi passe et reste la même, les élus parisiens ne pourront pas se prononcer sur les zones touristiques internationales. La proposition de referendum sera donc toujours hors sujet car ne portera pas sur un projet relevant de la compétence de la collectivité territoriale, ainsi que le prévoit la Constitution.

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