Section de Paris 19 è arrondissement

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Intervention de Gabriel Gau relative aux Antennes jeunes

Cette délibération revêt une grande importance, puisqu’il s’agit ici, en lançant une nouvelle procédure de marché public concernant la gestion et l’animation des Antennes Jeunes parisiennes, de faire un point sur ces structures essentielles pour l’information et l’accès aux droits des jeunes Parisiens, et à partir de là de décider de leur avenir. Je veux avant tout saluer le travail remarquable effectué par les équipes de nos trois antennes jeunes, celle de Sophie Petrus à Flandre, celle de Fatima Idres à Solidarité, celle de Kader Achour à Curial. Ce sont des partenaires essentiels, peut-être le premier maillon de la chaîne partenariale que nous tissons au jour le jour avec les jeunesses du 19e.

Les Antennes Jeunes sont les plus anciennes structures de la Ville de Paris spécifiquement dédiées à la jeunesse. Conçues essentiellement à leur création comme des structures de prévention de la délinquance, leur mission a ensuite évolué vers le cahier des charges actuel, à savoir constituer un lieu d’information et de ressources pour les jeunes (d’où le label de Point d’Information Jeunesse), mais également un lieu d’initiatives et de projet. Ce que nous devons bien avoir en tête, au moment de renouveler un marché sur la base de ce cahier des charges, c’est l’évolution de l’usage des AJ au cours des dernières années, et cela dans tout Paris.

En effet, si l’on constate une augmentation du nombre d’usagers des AJ, passé de 62 408 visites annuelles en 2010 à 89 449 visites en 2013, soit une hausse de 30 % sur la durée du marché, on constate dans le même temps, que ce soit dans les travaux de la SDJ ou dans les relations que nous avons nouées sur le terrain, que la mission des AJ s’est transformée pour deux raisons :

  • La problématique de « non recours » de certains jeunes aux dispositifs d’information qui leur sont dédiés, soit parce qu’ils préfèrent s’orienter vers des équipements aux missions plus spécialisées (emploi, santé, logement), soit parce qu’ils peinent à s’engager spontanément dans une démarche d’information ;
  • L’implantation des Antennes Jeunes dans des quartiers souvent parmi les plus populaires de Paris, comme c’est le cas dans le 19e, a poussé les équipes à proposer de plus en plus une offre d’accompagnement de projets, y compris hors les murs, centrée davantage sur l’éducation populaire que sur l’information à proprement parler. C’est le cas par exemple à l’AJ Flandre avec la formation d’un groupe de parole et de débats qui envisage maintenant de créer une émission de radio, mais également avec l’investissement de l’AJ Curial dans l’animation de la nocturne du centre d’animation.

Ce sont ces évolutions qui ont poussé la Ville de Paris à proposer dans certains cas (dans les 12e, 13e, 15e et 20e arrondissement) des fermetures d’antennes jeunes, dans d’autres une réflexion sur les missions et l’offre globale de nos équipements jeunesse. Je m’explique : les missions des antennes jeunes se rapprochant de plus en plus de celles des espaces jeunes, mais ces derniers disposant de locaux plus grands, donc plus adaptés aux usages des jeunes, il existe effectivement le besoin de davantage de cohérence dans le dispositif que nous proposons aux jeunes. La création d’espaces jeunes dans le 19e serait indubitablement un progrès pour les jeunes de nos quartiers et nous sommes disponibles pour mener une réflexion très ouverte sur les possibilités futures, en prenant en compte des réalités diverses : locaux spacieux et très fréquentés à l’AJ Flandre, cohabitation fructueuse mais à approfondir encore avec le Centre d’animation à l’AJ Curial, local plus étriqué et isolé des autres équipements du quartier Danube à l’AJ Solidarité.

C’est en raison de cette diversité et du caractère naissant de cette réflexion que, lorsque nous avons rencontré la conseillère jeunesse du cabinet d’Anne Hidalgo avec vous, monsieur le Maire, et lors de mes échanges avec le cabinet de Pauline Véron, nous avons porté deux exigences :

  • Aucune fermeture, en particulier dans des quartiers qui relèvent de la Politique de la Ville, ne doit déboucher sur une période d’absence d’équipement jeunesse, ce qui constituerait un manque à gagner terrible pour les jeunes du 19e. De ce point de vue, cela signifiait : pas de fermeture dans le 19e tant que la réflexion sur les équipements existants et les missions et besoins qui les caractérisent n’a pas eu lieu, et nous avons été entendu.
  • Toute évolution (création d’espace jeunes, rapprochement avec les Centres d’animation – je cite les pistes envisagées par la Ville) ne saurait être le prétexte à une diminution des moyens humains mis au service des jeunes ou à un rabaissement de la spécificité des missions des équipements jeunesse. Nous y serons vigilants tout au long de ce temps de réflexion que va constituer la durée d’un peu plus d’un an que va durer ce prochain marché, avec le partenaire à qui il sera attribué.

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