Section de Paris 19 è arrondissement

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Candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024

Les JO, depuis toujours, cristallisent beaucoup de questions de société. Dans la longue histoire des Jeux, il y a toujours eu de vifs débats et des bagarres idéologiques : des campagnes de promotion, de boycott, d'instrumentalisation politique. C’est sans doute — justement — parce qu'il s'agit de valeurs universelles, d'un idéal de progrès et d’humanité. En effet, par son ancrage historique, économique et social, le sport est, et sera toujours, un enjeu idéologique, politique et de civilisation.

 

 Le vœu qui nous est présenté ce soir nous satisfait dans son ensemble. Il contient plusieurs contributions, apportées par notre groupe, notamment :

- au sujet de la dynamique que pourrait générer cette grande manifestation, autour des valeurs universelles de l’Olympisme et des valeurs fondatrices de notre République pour les générations futures ;

- sur l’effet d’accélérateur des Jeux pour tous les projets d’aménagements du territoire qui permettraient une réelle amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens en matière d’emploi, d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, en matière de lutte contre la pollution, en matière de transport et de logement ;

- au sujet de la proposition d’un plan spécifique pluriannuel, visant le développement des pratiques sportives scolaires ;

- au sujet du financement de cette candidature, qui — et c’est un point qui nous semblait essentiel — ne saurait se faire au détriment des politiques municipales.

 

Nous avons par ailleurs soumis d’autres propositions, comme celles concernant :

- le rôle du sport comme vecteur essentiel pour l’émancipation humaine, la lutte contre le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, la xénophobie, et pour la promotion des Droits de l’Homme et l’égalité entre les femmes et les hommes ;

ET

- la création de comités populaires pour la réussite des Jeux, afin de garantir une réelle participation citoyenne à leur organisation.

 

Sur ces bases, c’est avec beaucoup de lucidité que nous essayons de répondre à deux questionnements légitimes :

Peut-on construire de nouveaux Jeux ?

Pourquoi organiser des Jeux et pour qui, dans un contexte économique d’austérité ? 

Peut-on construire de nouveaux Jeux ?

De justes critiques se font entendre au sujet des conditions d'attribution des villes hôtes : investissements inconsidérés et sans lien direct avec les besoins des populations, dérogations fiscales, soupçons de corruption, etc. Nous partageons ces critiques avec un grand nombre de Français, conscients que l’esprit olympique se confond malheureusement de plus en plus avec le « sport business ». Mais nous ne nous résignons pas face au constat affligeant de la gouvernance des grands événements sportifs, trop souvent exemples de dérives capitalistes, antidémocratiques, marqués par des bénéfices économiques — liés, notamment, à la médiatisation des événements — qui ne sont jamais redistribués aux populations. Nous devons nous saisir de ces critiques pour en faire des exigences populaires et de développement du sport en lien avec les besoins des populations. La question de transformer en profondeur l’Olympisme – qui ne fait qu’épouser la mondialisation économique – doit être posée.

Le sport ne doit pas être placé au-dessus ou en dehors des règles démocratiques et éthiques, de respect de l’environnement et des Droits de l’Homme. Il est indispensable de replacer la question du sport au sein des questions sociales et des exigences démocratiques. C’est bien pour cela que nous nous sommes engagés à animer et alimenter le débat à tous les niveaux, afin de contribuer à une prise de conscience plus importante et partagée, non seulement sur les dérives liées aux grands événements sportifs, mais aussi à la capacité de pouvoir les changer.

Les JO pourraient nous permettre d'apporter, notamment avec les jeunes générations, un souffle nouveau dans un monde traversé par trop de guerres. Paris pourrait être ce lieu, plein d’Histoire, qui nous aiderait à développer une culture de la paix, où les « Jeux » retrouveraient des valeurs universelles, sur la base desquelles l’on pourrait repenser une société plus juste et pacifiée.

Ce message qui est le nôtre trouve écho auprès de la présidence du CIO. L’organisation de récents événements populaires, comme la Coupe du monde de football au Brésil ou les Jeux de Sotchi, a certainement dû marquer les esprits. En effet, sous les critiques des dérives en tous genres, le CIO remet à présent en question la conception de l’organisation des Jeux.  Son nouveau président, Thomas Bach, a déclaré en décembre 2014 que : « le CIO devait être lui-même porteur du changement, sous peine d’y être contraint par les critiques, les manifestations d’hostilité des populations et le désistement des villes tentées par une candidature ».

Le CIO présente un Agenda Olympique 2020 qui se décline en 40 recommandations, qui nous semblent aller dans le bon sens. Cet agenda marque une volonté de changement dans l’organisation des Jeux Olympiques, mais aussi dans le fonctionnement interne du CIO.

Le CIO semble également vouloir mettre l’accent sur l’importance de mettre en avant les valeurs universelles fondatrices de l’Olympisme ; à savoir : la paix, la solidarité et l’éducation entre les peuples.

 

Pourquoi organiser des Jeux dans un contexte économique d’austérité ?

L’investissement de plusieurs milliards d’euros dans l’accueil des JO est incompatible avec une politique de réduction des dépenses publiques et d’austérité, qui impacte les collectivités territoriales et menace le sport français, car à l’horizon semble déjà se profiler la disparition du service public du sport. Nous ne pouvons vanter les mérites et les bienfaits du sport et adopter la loi Macron qui réduit le temps de loisir du dimanche d’une partie de la population.

Mais notre combat vise justement à nous faire sortir — avant 2024 — de ces politiques d’austérité. Le débat sur la candidature de Paris à l’organisation des JO invite donc à réfléchir sur ce que sera le contexte économique et social en 2024. 

La candidature de Paris aux JO est l’occasion d’inverser la politique économique, d’insuffler une relance par l’investissement, qui serait en lien avec les besoins des populations et nos engagements de campagne ; à savoir : le logement, le transport, l’emploi et le développement des équipements sportifs de proximité.

Dans un pays comme le nôtre, où l’austérité guide tout projet politique, les JO doivent être un accélérateur d’investissement, d’emploi et d’aménagement des territoires pour l’avenir ; un booster de projets dont les bénéficiaires devront être d’abord les populations, et notamment les plus jeunes, et en particulier dans les territoires les plus déshérités (le 93 et le Nord de Paris). C'est ce que l'on appelle l’héritage des Jeux : à savoir la transformation du village olympique en logements sociaux ou étudiants, le développement des installations sportives de proximité et des transports qui répondent à nos engagements de campagne, aux besoins et aux exigences des populations.

Songeons par exemple à l’impact que ces JO pourraient avoir sur une politique sportive nationale et locale, au niveau du sport pour tous, sport senior, sport insertion. Comment ne pas mesurer l’impact sur ce qu’on appelle le « sport santé » et sur les conséquences sur l’accessibilité de la Ville aux hommes et aux femmes à mobilité réduite !

En somme, nous défendons des JO vertueux et maîtrisés, dans le cadre d’une politique de relance économique, qui s’appuie sur l’investissement dans le sport. Nous croyons, en effet, que les JO doivent être aussi l’occasion de relancer le débat sur le financement du sport, car aujourd’hui la part du budget de l’État, consacrée au sport, reste durablement condamnée à l’insignifiance : 0.14%.

Ce que nous demandons avec le mouvement sportif : que la Ville de Paris saisisse le gouvernement sur un plan de financement sur les 9 ans à venir, pour le développement et la démocratisation des pratiques sportives dans le cadre de ce que l’on pourrait appeler une « Loi Olympique ».

 

 

 

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